Après une analyse économique, c'est cette dernière approche qui a prévalu aux yeux du Président du Conseil général des Landes et des élus de la majorité départementale en septembre 2000 ; des contacts ont été pris alors avec l'Éducation nationale pour tester et connaître son intérêt si nous mettions en route une telle opération. Après l'effet de surprise et la certitude que le Département irait jusqu'au bout, des réunions de travail ont été mises en place des deux côtés, notamment à l'initiative de l'Inspection académique des Landes dont les efforts doivent ici être soulignés et reconnus (voir le calendrier des réunions de concertation).
Le Département remédiait ainsi au principal obstacle à l’équipement informatique des familles : le coût des ordinateurs, et donnait aux collégiens les meilleures chances d’assimiler la pratique de l’informatique, grâce à l’accompagnement des enseignants. Ce choix répondait bien, en 2000, à un besoin pour les quelque 40 % de familles de collégiens non équipées dans la mesure où la présence d’un enfant scolarisé est le principal déclencheur de l’équipement informatique des foyers.
En février 2001, les élus du Conseil général votaient à l'unanimité le lancement de l'opération au niveau des classes de 3e et sa déclinaison sur trois collèges « test » volontaires pendant une année.
En février 2002, les mêmes élus votaient de nouveau, et toujours à l'unanimité, la généralisation de cette opération sur l'ensemble des collèges des Landes. Depuis lors, les conseillers généraux landais ont chaque année voté la poursuite de l'opération et le renouvellement des premiers matériels après trois ans d'utilisation.
En juin 2005, ils décidaient, toujours unanimement, d'étendre la distribution des portables aux élèves des classes de 4e dans l'ensemble des collèges publics landais.
74 %
C'est, dans l’Union européenne, le pourcentage moyen des enseignants qui utilisent un ordinateur ou Internet comme outil pédagogique. Plus de 80 % des enseignants européens pensent que les élèves sont plus motivés et plus attentifs lorsqu'on utilise l'informatique et Internet dans la classe, et qu'ils en retirent d'importants avantages du point de vue de l'apprentissage.
Et la France ? Coté équipement, elle se classe 6e sur 27 avec une moyenne de 12 ordinateurs pour 100 élèves. Mais un fossé sépare pourtant ces équipements des usages en classe. Sur ce point la France est une mauvaise élève, reléguée en fond de la classe : très exactement au 20e rang sur 27 ! Selon cette enquête récente de la Commission européenne, ce paradoxe est commenté de la sorte : les enseignants français seraient parmi les plus sceptiques sur l'intérêt pédagogique des TICE, un enseignant français sur trois n'en verrait pas l'intérêt contre un sur cinq dans l'Union européenne.
Sources :
Enquête paneuropéenne : plus de deux tiers des écoles de l’UE profitent de l’internet à haut-débit septembre 2006 :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/1285
Pan-European survey : More than 2/3 of the EU’s schools benefit from high-speed internet :
http://ec.europa.eu/information_society/newsroom/cf/itemlongdetail.cfm?item_id=2888 (anglais)
Benchmarking Access and Use of ICT in European Schools 2006 :
http://europa.eu.int/information_society/eeurope/i2010/docs/studies/final_report_3.pdf (anglais)
En bref :
Près de 25 000 collégiens et leurs familles familiarisés avec les outils de la « société de l’information ».
Accélération du plan de déploiement de la couverture ADSL.
Le Département des Landes pionnier dans les préconisations du gouvernement et de la DIACT (ex-DATAR).
Depuis le début de l’opération, près de 25 000 collégiens et leurs familles ont ainsi pu se familiariser concrètement avec les outils de la « société de l’information » pendant au moins une, voire deux années : les effets se diffusent maintenant dans l’ensemble des foyers landais.
Le taux d’équipement des familles avec enfants de moins de 11 ans est aujourd’hui de 82 %, soit 5 points de plus que la moyenne aquitaine.
Pour les foyers avec enfants de 15 à 18 ans, ce taux monte même à 84 %.
Quant au taux de connexion à l’Internet, il est supérieur de 20 points à la moyenne aquitaine : 82 % pour les familles de collégiens, et 76 % pour celles comportant un enfant de moins de 11 ans.
Chez ces dernières, la progression est considérable : +73 % en un an. (chiffres d’octobre 2005 disponibles sur http://www.landes.org/fr_cg_position_telecharge_nouv_techno.asp)
Le diagnostic landais de la société de l’information en 2007, réalisé par l’Agence Aquitaine Europe Communication, montre que cette politique répond bien à ses objectifs.
Alors que 25 % des collégiens landais entrant en 4e n'ont, aujourd’hui encore, aucun équipement informatique, les jeunes Landais de moins de 15 ans sont à ce jour 64 % à être formés à cette pratique, soit 17 % de plus que l'ensemble des jeunes Aquitains et les collégiens landais sont les plus grands utilisateurs dans la région.
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La dynamique créée par l’opération a contribué à une accélération du plan de déploiement de l'ADSL dans le département. Le taux de couverture en 2005 était ainsi de 98 %, supérieur au taux régional de 88 % et au taux national, hors Ile-de-France, de 89 %.
Le Département des Landes a réalisé ainsi, bien en avance sur les prévisions nationales, une des perspectives ouvertes par la DIACT (ex-DATAR) dans le schéma de services collectifs de l'information et de la communication à l'horizon 2010 (3e partie, titre I, sous-titre A, paragraphe 3, p. 81), ou par le Premier Ministre dans le plan RE/SO 2007 (Pour une République Numérique dans la Société de l'Information - 12 novembre 2002).
Il a été le premier à généraliser un tel plan d'équipement sur l'ensemble des établissements publics dont il a la charge et se réjouit de la venue sur ce terrain d'autres conseils généraux qui ont emprunté cette voie (Bouches-du-Rhône et Isère depuis septembre 2003 et Ille-et-Vilaine depuis janvier 2005).
Depuis 2001, les progressions spectaculaires des taux d’équipement de la population notamment en ordinateurs ou connexion à Internet masquent un autre phénomène : l’apparition en creux d’« une nouvelle exclusion », fondée notamment sur la « maîtrise des nouveaux outils numériques » que pointe une étude du Credoc.
Car au-delà des disparités économiques, qui conditionnent l’achat d’un équipement informatique, se pose la question plus fondamentale de la capacité des citoyens - au regard de l’âge ou du capital culturel - à s’approprier des technologies nouvelles. Il y a un risque non négligeable d’avoir « d’un côté, les initiés sachant tirer parti de la société de l’information, et de l’autre, ceux qui ne sont pas équipés ou qui éprouvent les difficultés à manier ces outils ». L’étude pointe le risque de voir les technologies de la communication devenir « un facteur de consolidation des écarts de capital culturel, avec des répercussions sur la vie quotidienne.»
C’est une raison supplémentaire qui justifie a posteriori le choix de l’école républicaine comme vecteur d’apprentissage de ces nouvelles techniques. Il est apparu évident au Département que les enseignants étaient les plus à même d'expliquer, et former les jeunes générations aux avantages et aux risques qu’elles comportent.
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