Les programmes, le français et les TICE
TIC et français

Les nouveaux programmes sont en cours d'élaboration. Il n'y a aucune information détaillée sur l'usage ou non des TICE dans le cours de Français, toutefois on peut lire sur le site internet du Ministère de l'Education (rubrique : De la maternelle au baccaulauréat / Collège / Entrée au collège - Programmes - mise à jour juillet 2008) :


Les technologies de l'information et de la communication
Elles interviennent dans toutes les disciplines. Elles constituent un outil pédagogique nouveau à la disposition des professeurs, quelle que soit leur discipline. Les collégiens apprennent à les maîtriser non seulement pendant le cours de technologie, mais à de nombreuses occasions : pour des activités de production (traitement de texte, création artistique), pour une recherche documentaire (encyclopédies électroniques, Internet), pour communiquer avec d'autres élèves et d'autres classes (messagerie électronique). Les programmes des disciplines scientifiques intègrent d'ores et déjà dans l'enseignement des logiciels de simulation ou de pilotage d'expériences scientifiques, des logiciels de géométrie dynamique, des "tableurs", des calculatrices.

Annexe au rapport de l'inspection générale de l'éducation nationale, "L'Ecole et les réseaux numériques en Lettres" (Juillet 2002)

Voici quelques extraits de ce rapport:
Pour l’enseignement des Lettres, les nouvelles technologies et l’usage des réseaux sont d’un enjeu fondamental non seulement parce qu’ils contribuent au renouvellement de la discipline et au développement de nouvelles pédagogies , mais parce qu’ils remettent le Français au centre d’un processus d’apprentissage plus général qui implique l’acquisition de compétences nouvelles par les élèves – ou tout du moins approfondies et renouvelées – liées au monde dans lequel ils évoluent. (page 2)
(...) L’ordinateur se présente comme un outil facilitant considérablement la tâche de grands producteurs et usagers de l’écrit que sont les professeurs de Lettres : clarté et lisibilité, structuration de la pensée, meilleures organisation et formalisation du cours, reproductibilité et perfectibilité des documents, possibilités d’illustrations, d’annotations, de citations, etc. Les facilités et la souplesse offertes par l’informatique , la démultiplication des possibilités d’écriture et de mise en forme apportent plus qu’un confort à l’enseignant : c’est un plaisir réel, qui se transmet aux élèves, se transformant inévitablement, malgré la dépense de temps et d’énergie investis au départ, en amélioration de l’efficacité sur le plan didactique , voire chez certains d’entre eux en enthousiasme pédagogique. (page 2)


Une modification de l'objet d'enseignement

Libéré des contraintes traditionnelles de la page (et du livre), le texte en particulier ne se présente plus comme un objet de lecture linéaire mais comme le noeud d’un réseau (autres textes, images, références culturelles, etc.) et comme un univers lui-même traversé d’itinéraires intérieurs que l’outil informatique permet de repérer et de mettre en évidence (par le biais de l’indexation ou de toutes les formes d’analyse que permet l’outil). Il peut être à tout moment retravaillé, décortiqué ou au contraire étoffé, élargi, mis en perspective ; l’exploitation qu’on peut en faire sur le plan pédagogique est infinie. Ces possibilités sont dues à la nature du support dont le caractère essentiel est qu’il fait apparaître, émerger sur un écran, des objets qui ne sont ni linéaires ni figés, mais « multilinéaires », c’est- à-dire à plusieurs dimensions et en perpétuel mouvement .
(...) L’élève face à un écran est mis d’emblée en position d’activité et d’autonomie et, quel que soit le degré de préparation du cours par le professeur, il a le sentiment d’intervenir lui-même dans le déroulement des apprentissages .
(...) Même si le professeur a préparé à l’avance leur cheminement entre les mots, les images et les notions, les élèves ont le sentiment de les découvrir par eux-mêmes du seul fait de l’activation de l’outil qui leur laisse une part d’initiative (il arrive du reste qu’ils fassent eux-mêmes des recherches sur internet). Ils jouent donc mieux le jeu parce qu’ils ne reçoivent rien passivement et qu’il y a entre eux et le professeur un véritable échange . On a l’impression que la mémoire s’exerce d’une manière nouvelle : c’est autant la mémoire du geste (l’établissement du lien passe par la main) que la mémoire visuelle (« nous avons déjà « vu » cela la dernière fois ») qui profite abondamment du jeu des couleurs.(page 3)

Les mots apparaissent en couleurs, ce qui permet de mettre en relief la construction , les fonctions grammaticales, l’accentuation, la formation des mots, etc. La possibilité pour les élèves d’ouvrir des fenêtres en cliquant sur certains mots ou sur des icônes leur permet d’aborder en un temps record aussi bien des notions de vocabulaire, de grammaire, d’étymologie, de civilisation, d’histoire , que la mise en relation avec d’autres textes, avec une iconographie (variée et organisée en fonction des objectifs visés), et de tirer ainsi parti de toute la dimension intertextuelle et interculturelle du cours (...). Cela rend bien sûr le cours plus attractif .(pages 3/4)

Les productions écrites des élèves sont (...) des variations diverses avec la possibilité de créer tout type et tout genre de textes, grâce à l’apport d’internet. Sans en avoir réellement conscience sur le moment, les élèves mettent en oeuvre une perception esthétique obtenue de manière empirique par le travail de l’écriture elle-même, grâce à un outil qui la libère des carcans scolaires traditionnels. Le principe de l’hypertextualité en particulier, qui peut aussi intégrer l’image et le son, en brisant les contraintes traditionnelles de la page permet une grande liberté dans l’architecture générale du travail . Cette démarche que l’enseignant qualifie de « jubilatoire » est d’un enjeu fondamental pour la discipline. Selon les enseignants interrogés, cette jubilation est trop souvent absente du cours de français où il y a volontiers une austère et préjudiciable sacralisation du texte : « Ici on joue avec les mots, la langue, on s’autorise l’irrévérence à l’occasion, on cultive la parodie et les jeux formels : le langage littéraire devient familier – et objet de plaisir ». (page 4)


Une modification des activités et des démarches liées à cet objet

Le multimédia (...) a ceci de particulier qu’il ne privilégie pas un mode de communication mais qu’il est l’imbrication sur un même support de plusieurs modes de communication traditionnels (écrit, son, image…): en se superposant, parce qu’ils sont sur le même support, ils surmontent leurs contradictions, et s’enrichissent mutuellement. (page 4)

Selon un enseignant, « les environnements numériques, dès lors qu’on les utilise à des fins de production, permettent aux élèves – notamment à ceux qui en doutaient – de mesurer de façon assez immédiate combien ils savent faire de choses, de belles choses dans un cadre scolaire. Ils mesurent également combien il est aisé d’améliorer leur produit sans que cette tâche ne devienne rebutante : les retouches, mêmes importantes, ne remettent pas en cause le travail déjà abouti. Or ce « re-travail » est très difficile à obtenir dans des conditions traditionnelles d’enseignement, ou, si on l’obtient, il est souvent peu profitable, notamment aux élèves qui en auraient le plus besoin, car il leur paraît fastidieux en même temps qu’il les remet face à leurs erreurs, souvent interprétées comme échecs personnels. L’outil permet donc de rendre sensible la perfectibilité sans laquelle il n’y a pas de formation efficace, et de lutter contre un fatalisme souvent puissant chez les adolescents. ». (page 5)


Une rédéfinition des compétences à acquérir

Leur enseignement ne doit pas être vécu comme un carcan (comme ce peut être parfois le cas du fait d’une austère sacralisation du texte et de la grammaire) mais comme un mode d’accès à toutes sortes de langages, iconiques ou verbaux, logiques et structurels, auxquels les élèves d’aujourd’hui sont confrontés et dont ils doivent avoir la maîtrise . (Le site et la page web, par exemple, ne sont- ils pas de nouveaux « genres » en émergence qui concernent au premier chef le professeur de Lettres?). (page 6)


Une modification des relations entre personnes

Échanges, mutualisation, collaborations, solidarités, sont des notions que l’on retrouve à tous les niveaux d’observation des pratiques liées au travail en réseau . (page 6)

Quand les élèves d’une classe deviennent les co-auteurs d’une production collective, ils s’entraident, forment des équipes , et, si l’on en croit leurs professeurs, se montrent plus solidaires. Dans une classe de Première ES que la mission a visitée, les rivalités fréquentes entre des élèves de niveaux hétérogènes tendent à s’effacer : « ils reconstituent des blocs (entre élèves de niveaux différents), se mettent au service les uns des autres, échangent leurs astuces… L’ambiance de la classe s’en trouve totalement modifiée ». (page 6)

L’ordinateur en classe, et a fortiori le travail en réseau (échanges avec l’extérieur, écritures collectives, feuilletons interactifs, etc.) permet de créer un travail coopératif de qualité : la relation entre l’enseignant et ses élèves s’en trouve renouvelée : si à certains moments (mise en place du dispositif, conduite de la réflexion collective, formation éventuelle à l’utilisation de l’ordinateur, du réseau, de l’application en cause,…) il est encore en position « frontale » de chef d’orchestre selon un mode traditionnel, il se retrouve souvent en position d’épaulement à côté de l’élève pour l’aider à résoudre le problème rencontré : il y a donc, comme dans certains moments privilégiés de l’aide individualisée, « conversion du regard de l’élève sur l’enseignant ». (page 6)

dans un lycée visité, tous les professeurs de Lettres qui ont recours à l’informatique travaillent en équipe , se dépannent et s’informent mutuellement, échangent des données, se font part de leurs expériences et projets pédagogiques. (page 7)

Les élèves sont , de l’avis unanime des enseignants, bien plus attentifs, à l’écoute du professeur . Ils n’hésitent pas à mêler apprentissages et intérêts personnels. (page 7)


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